Laisse-page, feuille d'aubépine
Des marque-pages, on en a tous eu : un bout de carton qui se corne, se plie et finit à la poubelle avant la fin du livre. Celui-ci est d'une autre espèce. Il passera d'un livre à l'autre, traînera sur la table de nuit, finira par faire partie des meubles. Autant qu'il ait quelque chose à raconter.
Laisse-page, comme la laisse de mer : cette bande de sable où la marée dépose ses trésors en se retirant. C'est ce qu'on abandonne sur la page en refermant le livre, le temps que la marée de la lecture revienne.
Celui-ci porte une feuille d'aubépine, cueillie dans mon jardin et écrasée à froid dans le cuir humidifié, sous une tonne de pression. Ni encre ni impression : la plante laisse sa forme et ses tanins, puis elle s'en va. Ce qui reste, c'est son empreinte, définitive. Et comme aucune feuille ne ressemble à sa voisine, aucun marque-page ne ressemble au suivant.
La matière
- Cuir à tannage végétal, pleine fleur, finition aniline
- Tannerie toscane, peaux de vaches françaises ou suisses
- Découpe et embossage à la main, à l'atelier
Format
15 × 4,5 cm. Assez fin pour ne pas déformer le livre, assez long pour dépasser un peu et se laisser attraper.
Il va vieillir, et c'est tant mieux
Le cuir végétal se patine : il fonce, il prend du brillant, il n'attrape plus la lumière de la même façon au bout de quelques mois. Les marques, les griffures et les variations de grain ne sont pas des défauts — c'est une peau, elle raconte ce qu'elle a vécu.
Entretien
Un coup de brosse douce de temps en temps. Une fois par an, si le cuir a soif, un baume spécial tannage végétal. Il déteste l'humidité.
Arrive emballé dans du papier de soie, prêt à offrir. Ou à garder, personne n'en saura rien.
Photos non contractuelles. Les couleurs peuvent varier d'un écran à l'autre — le cuir naturel, en particulier, se rend mal en photo.